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D'un gîte à l'autre, le travail n'est pas le
même, la façon de fonctionner non plus. La plupart
du temps, on met la main à tout : accueil, ménage,
repas, inscription, achats.
Dans les gros gîtes ou les gîtes privés,
certaines de ces tâches sont prises en charge par une autre
personne. On n'a pas idée de la somme de travail qu'exige
la fonction d'hospitalier !
On croit qu'il lui suffit d'inscrire le pèlerin, lui
donner un lit, lui dire où trouver ce dont il a besoin
et remettre le gîte en ordre. Et tout cela se ferait en
un clin d'oeil ?
La journée d'un hospitalier commence souvent très
tôt : debout dès l'aube, il prépare parfois
le déjeuner, est présent au départ du pèlerin,
secoue celui qui s'attarde au lit...
Et quand le gîte est vide, c'est le ménage qui
commence ! Tâche ardue et répétitive, peu
gratifiante, à moins d'imaginer à l'avance la joie
du pèlerin qui trouve un gîte propre à son
arrivée.
Songez que l'hospitalier besogne chaque jour de trois à
quatre heures au nettoyage des lieux et que si la propreté
n'est pas toujours celle que l'on souhaiterait, ce n'est pas
par négligence mais par manque de temps ou de bras bénévoles.
Avez-vous tenté d'imaginer le temps que peut prendre
laver et faire sécher 50 draps, puis refaire les lits
avant l'ouverture du gîte ? Et souvent avec des moyens
réduits et une température peu propice au séchage.
Pour l'avoir vécu, je comprends mieux pourquoi les
draps ne sont pas changés tous les jours. L'hospitalier
est donc très reconnaissant au pèlerin qui s'est
soucié de laisser le lit, le lavabo, la douche et, encore
plus, la cuisine propres et acceptables.
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Incroyable est le nombre de pèlerins qui ne s'en soucient
guère !
À l'ouverture du gîte, quelques pèlerins
font déjà la queue, souvent en piétinant
avec impatience. Ils ont hâte, et on les comprend, de se
laisser tomber dans un lit qui, grâce à l'hospitalier,
n'affichera pas trop la trace des milliers de pèlerins
qui y ont dormi.
Commence alors la routine qui durera facilement 8 heures :
inscription, tampon, attribution du lit, services disponibles,
fonctionnement du gîte, règles à respecter.
S'ajoutent à cela toutes les " tâches connexes"
qui relèvent de l'imprévu et de tous ces petits
riens qui contribuent à un bon accueil : l'hospitalier
écoute le pèlerin qui a besoin de parler, prend
soin de l'éclopé ou le réfère à
quelqu'un de plus compétent, réconforte et remonte
le moral au marcheur qui désespère, trouve une
solution à celui qui n'est pas satisfait de son lit, s'occupe
de la douche qui coule mal, s'assure qu'il y a suffisamment de
papier hygiénique (zut ! il n'y en a plus. Il faut aller
en acheter !), veille à ce que celui-ci n'ait pas laissé
sa casserole sale à celui-là, offre de l'eau ou
du thé au pèlerin assoiffé ou transi, prend
le temps de discuter, donne un conseil, une couverture, une information,
etc, etc...
Bref, il tente de veiller à ce que l'harmonie règne,
que les besoins soient satisfaits, que l'on respecte le pèlerin
en tout temps.
" Savoir écouter et être partout en
même temps sans avoir l'air stressé "
se révèle alors une des qualités premières
d'un hospitalier et relève parfois d'un tour de force.
C'est aussi avec tact ou avec fermeté (malheureusement!)
qu'il doit faire respecter le couvre-feu. Un dernier coup d'oeil
à la ronde et 15 heures de travail de l'hospitalier viennent
de s'écouler Il reprend enfin son souffle.
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