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| Introduction |
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Ce matin-là, sous l'orage, le 26 Avril 1993, avec mon petit âne Ferdinand, chargé de bagages, nous quittions la basilique du Puy-en-Velay. C'était le début d'une fabuleuse aventure, qui allait nous mener en 70 jours de marche jusqu'à Santiago de Compostela, à l'extrémité de la Galice. 1.700 kilomètres de pluie, de soleil, de poussière, de paysages merveilleux, de rencontres. Une expérience très belle et inoubliable, dans laquelle tous les aspects du pèlerinage de Compostelle se confondent : spirituel, religieux, culturel, sportif, ou plus simplement recherche de soi. Partout où il passait, dans les villes, les fermes et les villages, Ferdinand attirait la sympathie et les caresses, ouvrait les coeurs, et déclenchait les sourires. Il ne s'est pas passé une journée sans qu'il n'invente une nouvelle pitrerie. Si au début Ferdinand n'était qu'un porte-bagages, il est rapidement devenu un petit compagnon attachant et drôle, courageux et sensible. Si ce voyage a comporté plus d'étoiles que d'épines, c'est en grande partie grâce à sa présence. |
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A mon retour, j'ai eu envie de transcrire les milliers d'émotions qui avaient enluminé ma longue route. C'est ainsi qu'est né ce livre. En 560 pages et 40 photos-couleurs, ce qui est bien court pour tant de jours, Ferdinand et moi racontons ce que nous avons vu, cette année-là, du Chemin de Compostelle. Ce livre est un témoignage de plus parmi tous ceux qui ont été écrits depuis des siècles sur ce chemin de rêve et d'étoiles. J'ai voulu aussi prouver dans ces lignes que réaliser le Chemin de Compostelle à pied n'est pas un exploit, ni une épreuve physique déraisonnable, contrairement à certains récits qui ne parlent que d'ampoules, de tendinites, d'évanouissements et autres casse-bonheur. Marcher dix semaines à pied est à la portée de tout un chacun. Depuis l'écriture de ce récit, en 1994, ils sont des centaines à avoir pris la route à leur tour, encouragés et convaincus par le témoignage. Objectif atteint, donc... Voilà... Le rêve existe, il est à votre porte. Il suffit d'un sac à dos, d'une paire de chaussures et d'un gros morceau de bonne humeur. Attention : ce livre est dangereux... Voici maintenant quelques données du récit, butinées au hasard des pages... |
| Témoignages de lecteurs |
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Janine Poulet, Champigny-sur-Marne : Ferdinand, dis à ton maître que je le remercie pour son beau livre. Dis-lui que grâce à vous deux, j'ai plané. Parle-lui de son humour, et je suis sûre que cela l'incitera à programmer une nouvelle virée, et à écrire un nouveau livre. J. Bellet, Lourouer-Saint-Laurent : J'éprouve beaucoup de tendresse en retrouvant Ferdinand, et tant d'émotions inexprimables, à la lecture de ces phrases remplies de sagesse et de vérité, une invitation aux rêves et à la méditation dont je vous remercie infiniment. Bruno Dulac, ancien pèlerin, Malemort : Merci pour la nuit écourtée. J'ai bondi de page en page, reconnaissant cailloux et sites, retrouvant les odeurs... Abbé Ihidoy, curé de Navarrenx : Chapeau pour votre livre. Vous faites surgir des sabots de votre âne et de vos pieds de marcheur des éclats de vérité que bien des technocrates de la pastorale et de la théologie devraient lire. J'ai apprécié votre volonté de ne pas faire de censure entre vrais et faux pèlerins. Roger Santi, Vourey : J'ai dévoré votre livre deux fois. Vous avez parfaitement réussi à traduire ce que l'on ressent sur un aussi long trajet. Huguette Bouchet, Bretigny-sur-Orge : Voici un petit mot pour vous dire combien votre livre m'a enchantée et fait rêver. Croyez-moi, j'ai rarement trouvé, très rarement, un livre qui m'ait aussi émue, au point que j'en ai parfois eu les yeux embués de larmes. D'autres fois ce furent des sourires et bien des rires aussi. Votre livre est écrit avec beaucoup d'humour, une grande joie de vivre et une sincérité pour tout ce que vous avez aimé et admiré. Merci du fond du coeur pour la grande joie que vous m'avez donnée en vous lisant. Lecteur anonyme, de Moissac : Je viens à peine de tourner la dernière page de votre ouvrage, qui m'a conduit d'une seule traite du Puy-en-Velay à Compostelle. A vous qui connaissez la valeur des silences, je ne dirai rien. A vous qui connaissez le poids des mots, je dirai simplement merci. Merci pour avoir donné ainsi le bonheur de la marche à tous ceux pour lesquels cet idéal est devenu inaccessible. Merci pour cette large part d'horizon et de rêve. |
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Didier Helg, de Genève : L'originalité de ce pèlerinage et de ce récit, c'est bien la présence magnifique de Ferdinand, l'âne que l'auteur fait parler au terme de chaque étape, en écho amical à son propre cheminement. C'est là la force discrète de ce livre, où l'âne, animal charismatique par excellence, joue un rôle de premier plan. Je recommande ce livre à tous ceux qui hésitent à faire le pas de partir. Ce texte les fera basculer dans la décision. Frère Renaud, Abbaye Sainte-Foy de Conques : Merci pour ce livre extraordinaire. Nous lisons en ce moment au réfectoire lors du repas de midi vos exploits et ceux de Ferdinand... Suzy Ena, de Moissac : Je viens d'arriver, les larmes aux yeux, la paix et le bonheur dans mon coeur, au terme de votre rêve qui fut le mien tout au long de ces 576 pages. J'aurais aimé que cela ne finisse pas. Merci. Je suis de celles, de ceux que vous continuerez à rencontrer au-delà de votre chemin d'épines et d'étoiles, à travers votre récit. Amis pèlerins Jacques et Ferdinand, merci pour votre message. Bernard Muller, de Rixheim : Encore bravo de votre épopée, et merci de nous faire rêver. J'ai entamé la lecture de ce délicieux bouquin pour la deuxième fois... C'est gai, frais et plein d'humour. Pendant des semaines, je n'étais plus dans le train qui me menait au boulot, j'étais bel et bien sur les chemins de Compostelle. René-Pierre Juillard, de Nice : Il fallait que j'écrive à cet auteur qui m'a procuré tant de plaisir, et aussi tant d'anti-stress, tout au long de près de 600 pages. J'ai découvert à la bibliothèque votre "dictionnaire sur le pèlerinage de Compostelle", qu'on peut aussi nommer "guide du pèlerin". Quelle précision... Votre livre possède un avantage par rapport au chemin, c'est qu'on peut y faire marche arrière, lorsque la mémoire flanche... Je tiens à vous féliciter de votre talent pour décrire. Ce qui pourrait devenir ennuyeux chez d'autres ne l'est jamais avec vous : chaque départ, chaque parcours, chaque bivouac sont différents. Lecteur anonyme, de Monségur : Depuis mon enfance, j'ai beaucoup lu, et beaucoup marché, mais c'est la première fois que j'écris à un auteur. Nous avons été constamment sur la même longueur d'onde : j'ai eu froid avec vous, chaud avec vous, j'ai partagé les horreurs du macadam, j'ai partagé tout ce qui remplit le coeur d'extase. Merci de m'avoir fait tant plaisir. |
| Epilogue |
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Interview Jacques, tu viens de réaliser un beau rêve, et tu nous as fait rêver. Permets-moi de te poser quelques questions maintenant que tu es revenu parmi nous. Et d'abord quels sont les meilleurs souvenirs de ton voyage ? Il est presque impossible de répondre à une telle question, car un voyage au long cours est un ensemble. Tout événement, qu'il soit agréable ou désagréable, fait partie de cet ensemble. Le soustraire, ou l'extraire, dénaturerait le voyage lui-même. Certains paysages m'ont paru très beaux parce que je quittais un endroit désolant. L'aurais-je apprécié autant, ce petit village si pur dans la montagne, si je n'avais pas traversé auparavant un tas de ruines sinistres ? Plutôt que des évènements, je préfère énumérer des points qui ont contribué, je le sais maintenant, a posteriori, à la réussite du voyage. Et parmi ces points positifs, j'extrais immédiatement quatre chapitres : - L'âne : l'idée la plus folle et la plus géniale du voyage. - La tente : m'a permis l'indépendance totale par rapport à l'hébergement du chemin. |
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- La période : le printemps, qui m'a offert le soleil et l'eau, la fraîcheur et la tiédeur. - La solitude : m'a ouvert le chemin des autres et a laissés les autres venir vers moi. Premier point - L'âne :
c'est un animal qu'il faut apprendre à connaître,
et ça ne se fait pas en une semaine. Lorsqu'on connaît
bien son bourricot, qu'il vous a adopté, qu'on a compris
ses petites manies, ses peurs, sa compagnie devient un plaisir.
C'est une grosse bête sensible, affectueuse, et surtout
très drôle. Un autre détail, que j'appréhendais au départ : les mouches et les taons, qui piquent l'animal et l'excitent. Finalement, il y en a eu très peu sur ma route. En France, c'était le tout début du printemps, avec une température fraîche ou douce dans l'ensemble, qui n'est pas propice à l'éclosion de ces bestioles. En Espagne, c'était le désert de céréales, sans animaux, donc sans parasites. |
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Second point - La tente :
j'ai loué cette sage décision d'emporter une maison
chaque soir où j'ai couché ma couenne sur le sol.
Finalement j'aurai assez peu campé en France, car les
gîtes que j'ai rencontrés étaient quasi déserts.
Sur les terres du Royaume d'Espagne, par contre, j'aurai surtout
dormi sous la toile. Soit que les "refugios" débordent
de dormeurs bruyants, soit que l'endroit ne se prête pas
au dîner d'un âne, soit que je découvre au
soleil déclinant le petit vallon de carte postale, pourvu
d'une source et d'herbe fraîche. Dans tous les cas, cette
guitoune aura assuré mon indépendance totale. Ma
décision de dormir dehors ou sous un toit ne sera presque
jamais dictée par l'obligation. Sans souci d'hébergement, j'ai échappé ainsi à la promiscuité des refuges qui est parfois source d'agressivité, comme c'est le cas lorsque plusieurs animaux sont enfermés dans une cage. Les gérants de refuges m'ont parlé, à moi qui n'était pas leur client, de la tension qui règne en fin de soirée, lorsqu'il faut refuser l'entrée aux marcheurs le gîte étant complet, ou que certains se douchent une demi-heure, épuisant l'eau chaude de leurs petits camarades. Sans oublier ceux qui se lavent peu, pour le plus grand bonheur des naseaux de leurs compagnons de chambrée..., ceux qui se lèvent à 4 heures de la nuit, entassant godillots et gamelles en grand vacarme, sans respect pour les autres pèlerins qui souhaiteraient, peut-être, dormir encore un peu... En contrepartie, je n'ai pas eu la chance de profiter de la chaude ambiance de certains refuges, de l'amitié partagée, du repas en commun. On ne peut pas tout avoir... |
Troisième point - La période : le printemps est incontestablement la meilleure période pour réaliser un tel périple. Il faut dire que nous autres, gens de mesure et de climat tempéré, sommes assommés par la première vague de chaleur. Certaines étapes, en juin, étaient déjà difficiles à supporter. Trente kilomètres sur un chemin de poussière, sans une ombre entre le ciel et sa tête, c'est très dur pour un randonneur moyen. Voici pourquoi je ne saurais marcher l'été en Castille. Il est vrai que le printemps est également la saison des orages, mais ce partage entre jours mouillés et jours secs fait aussi partie du charme du voyage. On se lasse de la pluie, mais on se fatigue aussi du grand soleil. De plus, un pèlerin accompagné d'un âne a besoin le soir d'un minimum d'eau pour se laver, pour abreuver dame bourrique et pour popoter le brouet vespéral. Or, le niveau des ruisseaux et des sources en Espagne, lorsque nous sommes passés, me laisse à penser que les mois de juillet et d'août doivent être très, mais alors vraiment très secs... Ceci dit, je n'ai jamais vraiment rencontré en juin de difficulté pour trouver de l'eau. Il coule toujours, perdue entre les peupliers, une fontaine cachée. Et puis se greffe au problème de l'eau celui de l'herbe. La seule saison où l'on trouve de l'herbe en Castille est le printemps. Randonner au printemps permet également de randonner au calme. En effet, le printemps est une époque où la plupart des gens travaillent. Les vacances ne commencent véritablement, notamment en Espagne, qu'à partir de la mi-juin. Les premières semaines de la randonnée furent donc de longues journées de promenade dans la tranquillité et la solitude. Par opposition, les derniers cent kilomètres, avant l'arrivée à Santiago, furent une épreuve pour mes nerfs. Il m'est arrivé de devoir dire "pardon", comme dans une rue piétonne la veille de Noël, afin de marcher à mon rythme, et de dépasser un groupe de touristes gondolant à petite vitesse sur toute la largeur du sentier, tout en jacassant plus fort que des pies... |
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Quatrième point - La solitude : pouvoir partir seul est une chance merveilleuse. J'appréhendais très fort ces dix semaines de solitude. Mais je me suis très vite rendu compte que l'on n'est en fait jamais seul. On jouit des avantages de la solitude : on organise ses étapes, ses repas, ses visites sans avoir à en référer à quiconque. Mais, pour le reste, il est des dizaines de pèlerins et pèlerines sur le chemin, souvent seuls eux aussi. Et la plupart marchent ensemble une heure, une demi-journée, voire plusieurs jours, ou bien se retrouvent au gîte partager le repas. Mais ces échanges sont libres, car ils n'ont rien d'obligatoire dans leur durée. En outre, j'ai eu la chance de voyager en Espagne de longues journées auprès d'une compagne qui partageait ma recherche de solitude. Et notre chemin a été enrichi par cette mutuelle complicité. |
Et qu'as-tu rapporté d'un tel voyage ? En voilà une question, si vaste
qu'il faut plusieurs mois pour en faire le tour une fois qu'on
a regagné son pays. Le paradoxe, c'est que pour être
capable de rapporter quelque chose, il faut d'abord laisser sur
le bord du chemin un tas de vieilles peaux qui recouvraient notre
épiderme de bébé depuis l'enfance. Il faut
se déshabiller de tout ce qui freine notre sensibilité,
il faut nettoyer nos lunettes recouvertes de la poussière
de l'habitude. Etc... |
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| Les Mots de l'âne |
| C'est Ferdinand, le héros
humble et courageux de ce voyage, qui a fait le succès
de ce livre. Et ce sont ses opinions sur la folie de ses frères
les hommes, qui devraient nous faire réfléchir
sur le sens que nous donnons à chacune de nos actions.
A chaque étape, Ferdinand commente
à sa façon le récit de la journée,
et son regard sur les choses n'est pas forcément le nôtre...
Voici quelques-unes des opinions de Ferdinand,
que bien des technocrates de la pastorale et de la théologie
devraient lire ... . |
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Ferdinand à Conques : Ça y est, me voici un âne-moine. Monsieur mon maître m'a enfermé dans un monastère. Il va visiter le village, et moi j'ai tout juste droit à un morceau de champ, plein de mouches. Et quand je parle de champ, écoutez-moi, braves gens et amis des bêtes. Il y a si tant beaucoup de pente, que je tiens à peine debout, et pourtant je possède quatre pattes. Essayez donc de brouter, je vous le jure, quand vous avez de la peine à ne pas glisser. Je sens que je vais terminer ce voyage avec un ulcère à l'estomac, à manger dans des conditions pareilles. Enfin, tout n'est pas noir quand même. L'étape a été courte, et le raidillon qui nous a emmené ici couvert de pousses de ronces jeunes, fraîches et bien tendres, dont je me suis fait une énorme goulée. Ah ! j'allais oublier de vous dire... Savez-vous bien où il a essayé de me faire monter ce matin ? Eh bien je vais vous le braire, moi : sur un pont tout petit, si fragile qu'il aurait pu s'écrouler sous moi. Parce que sans être gros, je suis quand même un peu enveloppé... Jamais, vous entendez bien, jamais je ne poserai mes augustes sabots sur des échafaudages pareils. Je préfère mille fois me mouiller les pieds dans les rivières que jouer les équilibristes et risquer de me rompre tous mes os à moi qui me sont chers et uniques... Ferdinand en Castille : Mon maître est vraiment sans coeur. Savez-vous que les chemins de ce pays sont merveilleux, et qu'on y trouve des zones de grattage extraordinaires. Je n'ai même pas besoin de dégager l'herbe, on trouve de la poussière directement dans les ornières. Quel bonheur... Je peux avancer avec les deux naseaux dans la terre, c'est chaud, c'est sale, c'est délicieux. |
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Mais l'autre, le fou de marche, le mercenaire, il se met à m'engueuler parce que j'ai envie de me gratter. Allez donc porter un chargement pareil toute la journée, avec la chaleur qu'il fait. Il y a forcément un moment où ça démange. C'est pourtant écrit, dans la Déclaration des droits de l'Âne et du citoyen, que tout animal est libre de se gratter en n'importe quelle circonstance. Et qu'il a le droit de s'insurger si on le lui dénie. Ça va se terminer par une bonne révolution, tout ça, c'est moi qui vous le dis... Ferdinand à Santiago : Enfin, ça y est... Je l'ai lu sur les pancartes, nous sommes arrivés à Compostelle. Il était temps, car je refuse de pèleriner plus avant. Ce matin, j'ai dû supporter une foule de baguenaudeurs de tout poil qui me frottaient les oreilles sur ce maudit chemin. Jamais de mémoire d'âne chrétien on ne vit oncques si grande assemblée charroyant tant de poussière. Mais ce fut une grande journée pour moi... Si vous aviez vu comme la foule m'a applaudi quand je suis arrivé. C'est bien moi qu'on adulait, misérable petit bourricot écrasé sous le fardeau, et pas lui, l'autre fainéant jaloux avec son ridicule sac à dos. Il a bien fallu que je sourie, pour ne pas décevoir tous ces gens, mais j'aurais bien aimé leur dire les coups de baguette de noisetier que mon bwana m'a foutu sur les fesses pendant ces 1.700 kilomètres, rien que pour lui faire honte. La journée aurait été parfaite, si mon patron n'avait encore voulu faire son intéressant en jouant de son espèce de tuyau à écorcher les oreilles chrétiennes, que tout ça miaule pire qu'un chat en rut au soir de printemps... Je t'en foutrai, moi, de la cornemuse. S'il savait seulement écouter le doux feulement de l'herbe qui pousse... |
| Album de photos |
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